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Les organisations des droits de l'homme: Acteurs de l'opposition ou instruments du pouvoir


Du : Jeu, 11/10/2012 - 18:30 Au : Jeu, 11/10/2012 - 20:30

Casablanca

« Les droits de l’homme sont les droits inaliénables de tous les êtres humains, quels que soient leur nationalité, lieu de résidence, sexe, origine ethnique ou nationale, couleur, religion, langue ou toute autre condition. Nous avons tous le droit d’exercer nos droits de l’homme sans discrimination et sur un pied d’égalité. Ces droits sont intimement liés, interdépendants et indivisibles ». C’est ainsi que les Nations Unis définissent les Droits de l’Homme.
Enracinés dans des convictions religieuses, culturelles ou idéologiques, souvent obtenus à l'issue de combats politiques ou de luttes sociales, les Droits de l'Homme expriment « la reconnaissance de la dignité inaliénable de la personne humaine ». En ce sens, ils trouvent leur source dans toutes les cultures qui, sous des formes diverses, affirment le respect de l'Homme et de sa dignité.
En un sens plus restreint, les Droits de l'Homme sont les droits qui ont été peu à peu traduits dans un ensemble de textes juridiques : déclarations, pactes, protocoles, conventions... Ils tentent de concrétiser ce principe de « dignité ». Ils sont « universels », c'est à dire qu’ils s'appliquent à tout être humain, sans distinction de nationalité, de sexe, de religion…
Toutefois, force est de constater que ces valeurs sont loin d’être respectées partout dans le monde. La preuve en est les luttes plus ou moins acharnées qui continuent à avoir lieu dans de nombreuses contrées. Certains Etats ont intégré ces droits dans leurs institutions et leurs pratiques politiques, d’autres refusent catégoriquement de les reconnaitre et d’autres encore vacillent entre respect réel des Droits de l’Homme et usage « Marketing » des organisations les défendant.
Dans les faits, la législation internationale sur les Droits de l’Homme stipule que les gouvernements sont tenus d’agir d’une certaine manière ou de renoncer à certains actes afin de promouvoir et de protéger les droits et les libertés fondamentales des citoyens. Toutefois, beaucoup d’Etats, et bien qu’empruntant un discours droit-de-l’hommiste, continuent à ne pas respecter certains ou plusieurs aspects de ces droits universels. A aujourd’hui, tous les Etats ont ratifié au moins un des traités fondamentaux sur les droits de l’homme et 80% en ont ratifié quatre ou davantage. Ceci montre, d’un coté, que de nombreux Etats acceptent des textes qui leur imposent des obligations légales et donnent une forme concrète au principe d’universalité des Droits de l’Homme. De l’autre côté, ces données montrent combien sont nombreux les Etats où les Droits élémentaires des individus et des groupes ne sont pas respectés.
Si, dans les Etats démocratiques, la question du respect des valeurs universelles des Droits de l’Homme se pose de manière moins accrue, ces droits étant globalement respectés, la problématique se trouve posée de manière intense dans les Etats autoritaires et ceux en voie de démocratisation. Cédant souvent aux pressions internationales et à des luttes durables des populations, ces Etats laissent parfois émerger des organisations des Droits de l’Homme sans profondes retombées sur leurs réelles pratiques politiques et sur le vécu des citoyens.
Ainsi, l’existence des organisations de défense des Droits de l’Homme dans ces Etats peut parfois paraître paradoxale : Comment des régimes plus ou moins autoritaires, dont l’objectif est essentiellement d’éviter l’émergence d’une société civile forte et indépendante et d’une élite sociale susceptible de contester, peuvent par la même occasion « tolérer » voire encourager l’existence de ces organisations des Droits de l’Homme ? S’agit-il d’une pression des instances internationales ? Ces organisations constituent-elles un « slogan » permettant de bien « vendre » l’idée d’un Etat démocratique ? S’agit-il plutôt d’un « apprentissage » des pratiques démocratiques et du respect des valeurs universelles des Droits de l’Homme ? Comment permettre l’épanouissement des libertés publiques et individuelles dans des Etats où les organisations des Droits de l’Homme représentent uniquement une vitrine publique, sans fondements réels et ancrés dans la sociétés ? Le processus visant à développer des organisations des Droits de l’Homme et une société civile autonomes, est-il aujourd’hui une évidence dans les pays en voie de démocratisation ?
Et puis, qu’en est-il au Maroc ? L’expérience de l’IER (Instance Equité et Réconciliation) représente aujourd’hui un des modèles réussis sur le plan international. Toutefois, les observateurs regrettent la non mise en application des recommandations de cette instance. Ajoutons à cela que de nombreux acteurs et militants des Droits de l’Homme au Maroc et à l’étranger considèrent que des violations graves des Droits de l’Homme sont toujours pratiquées au Maroc. Les rapports de différentes organisations nationales et internationales accusent et pointent du doigt des violations plus ou moins graves enregistrées dans le Royaume chérifien (emprisonnement et torture de militants ; emprisonnement de journalistes ; atteinte à la vie privée des citoyens ; procès non équitable, notamment les procès post-16 mai 2003…).
Ainsi, et sur le plan national, de nombreuses autres questions se posent: Comment qualifier la volonté de faire évoluer le Royaume vers un Etat de droit respectant la dignité de ses citoyens ? Comment peut-on évaluer la situation des Droits de l’Homme aujourd’hui au Maroc ? Les Organisations de défense des Droits de l’Homme sont-elles réellement autonomes et indépendantes ? Aura-t-on besoin dans quelques années, comme le craignent certains militants et observateurs, de créer une nouvelle IER pour réconcilier le pays avec les victimes actuelles des violations des Droits de l’Homme? La promotion des Droits de l'Homme au service du bien-être global de la société est-elle un véritable objectif de l’Etat marocain ou juste une nécessité exigée par les instances internationales ?
Pour répondre à ces questions et à d’autres encore, HEM Casablanca  a organisé une conférence-débat dont le titre est le suivant : « Les organisations des Droits de l’Homme : Acteurs de l’opposition ou instruments du pouvoir? ».
Sont intervenu à cette conférence-débat :

  • M. Abdelhamid El Jamri, Président du Système des Nations Unies des droits de l'Homme
  • M. Yves Berthelot, Président de l’OMCT (Organisation Mondiale contre la Torture)
  • M. Driss El Yazami – Président du CNDH (Conseil National des Droits de l’Homme)
  • Mme Khadija Ryadi – Présidente de l’AMDH (Association Marocaine des Droits de l’Homme)
La modération a été assurée par Monsieur Abdelaziz Nouaydi, Membre fondateur de l'OMDH (Organisation Marocaine des Droits de l'Homme), Président Fondateur de ADALA et membre de la Haute Instance du Dialogue National pour la Réforme de la Justice

Vu ailleurs

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Pour lire la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : http://www.un.org/fr/documents/udhr/


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